La mérule poursuit sa progression dans le bâti français. Pour suivre ce risque, l’État s’appuie sur une carte officielle : la cartographie nationale des termites et des mérules, tenue à jour par le Cerema à partir des arrêtés préfectoraux en vigueur. En 2026, 21 départements comptent au moins une commune placée sous arrêté préfectoral mérule. Que dit la carte mérule 2026, comment savoir si votre commune est en zone à risque, et quelles obligations s’appliquent pour vendre ou acheter un bien ? Voici le point complet.
La mérule pleureuse (Serpula lacrymans) est un champignon lignivore : elle se nourrit du bois et détruit progressivement charpentes, planchers, plinthes et menuiseries. Surnommée le « cancer du bâtiment », elle se développe à l’abri des regards, dans les espaces humides, sombres et mal ventilés. Un dégât des eaux non traité, une cave mal aérée ou une infiltration suffisent à créer les conditions favorables à son apparition.
Le problème dépasse le cas individuel : un foyer de mérule peut se propager d’un bâtiment à l’autre. C’est pourquoi la loi ALUR de 2014 a créé un dispositif de recensement national. Lorsqu’un foyer est identifié, le propriétaire doit le déclarer en mairie. Quand plusieurs foyers sont recensés dans une commune, le préfet peut prendre un arrêté délimitant une zone de présence d’un risque de mérule. Le Cerema, missionné par le ministère en charge de l’environnement, compile ces arrêtés préfectoraux et publie la cartographie nationale, consultable gratuitement en ligne avec une recherche par adresse.
À noter : La carte mérule ne recense que les zones officiellement sous arrêté préfectoral. L’absence d’arrêté dans votre commune ne garantit pas l’absence de mérule : de nombreux foyers ne sont jamais déclarés.
En 2026, 21 départements comptent une ou plusieurs communes sous arrêté préfectoral mérule. Le tableau ci-dessous récapitule les zones concernées.
| Département | Communes sous arrêté | Date de l’arrêté |
|---|---|---|
| Aisne (02) | 17 | 3 mars 2022 |
| Aube (10) | 4 | – |
| Calvados (14) | 19 | – |
| Corrèze (19) | 17 | 24 avril 2023 |
| Côtes-d’Armor (22) | 4 | 20 juin 2025 |
| Creuse (23) | 1 | 20 décembre 2024 |
| Eure (27) | 6 | 21 décembre 2022 |
| Finistère (29) | 20 | 15 juillet 2020 |
| Indre (36) | 12 | 21 février 2023 |
| Jura (39) | 1 | 2017 |
| Moselle (57) | 2 | – |
| Oise (60) | 37 | – |
| Orne (61) | 2 | – |
| Puy-de-Dôme (63) | 7 | – |
| Haut-Rhin (68) | 1 | – |
| Rhône (69) | 1 | – |
| Seine-Maritime (76) | 1 | – |
| Deux-Sèvres (79) | 17 | – |
| Somme (80) | 1 | – |
| Vaucluse (84) | 1 | – |
| Vosges (88) | 7 | – |
Sur la cartographie du Cerema, les départements partiellement couverts par un arrêté apparaissent en orange. La liste des communes infestées par la mérule évolue régulièrement : de nouveaux arrêtés sont pris chaque année, comme dans les Côtes-d’Armor en juin 2025 ou dans la Creuse fin 2024. Avant tout achat immobilier, vérifiez si la commune du bien figure en zone délimitée, auprès de la préfecture ou directement sur la carte nationale.
La répartition géographique de la mérule n’a rien d’un hasard. Le champignon prospère dans les régions au climat océanique humide et au bâti ancien : la Bretagne en est le foyer historique, avec le Finistère sous arrêté depuis 2020 (20 communes) et les Côtes-d’Armor depuis 2025. La Normandie (Calvados, Eure, Orne, Seine-Maritime) et les Hauts-de-France (Oise, Somme, Aisne) concentrent également un grand nombre de communes classées, tout comme le nord-est (Moselle, Vosges, Haut-Rhin).
Attention toutefois : la présence réelle du champignon déborde largement les zones sous arrêté. En Ille-et-Vilaine par exemple, la mérule est régulièrement identifiée dans le bâti ancien rennais et malouin, sans qu’un arrêté préfectoral soit en vigueur. Si vous achetez ou vendez une maison ancienne dans l’ouest, l’état parasitaire reste le réflexe prudent, arrêté ou pas. Nos diagnostiqueurs interviennent notamment dans le Finistère et en Ille-et-Vilaine, deux territoires où la vigilance mérule s’impose.
Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de « diagnostic mérule » obligatoire dans le dossier de diagnostic technique. Le dispositif légal repose sur trois obligations, définies par le Code de la construction et de l’habitation.
| Obligation | Qui est concerné ? | Texte |
|---|---|---|
| Déclarer le foyer de mérule en mairie dès qu’il est connu | Occupant ou propriétaire du bâtiment | Article L. 126-5 du CCH |
| Délimiter les zones à risque par arrêté préfectoral | Préfet, après consultation des communes | Article L. 131-3 du CCH |
| Informer l’acquéreur du risque de mérule lors de la vente | Vendeur d’un bien situé en zone délimitée | Articles L. 126-25 et L. 271-4 du CCH |
Concrètement : si le bien vendu se trouve dans une commune sous arrêté préfectoral mérule, l’acquéreur doit être informé de l’existence de ce risque dans le cadre de la vente. Cette information s’ajoute au dossier de diagnostic technique, sans se confondre avec le diagnostic termites, qui est lui obligatoire dans les zones délimitées par un arrêté termites.
Pour aller au-delà de la simple information et vérifier l’état réel du bien, une seule solution : faire réaliser un état parasitaire par un diagnostiqueur immobilier certifié. Ce constat recherche les agents de dégradation biologique du bois : mérule et autres champignons lignivores, mais aussi insectes à larves xylophages comme les vrillettes ou les capricornes.
Plusieurs signes doivent vous alerter, en particulier dans les pièces humides, les caves, les combles et derrière les revêtements :
La mérule se développe dans des conditions précises : un bois dont l’humidité dépasse 20 %, une atmosphère confinée, l’obscurité et une température modérée. Un simple contrôle visuel ne suffit pas, car le champignon colonise les espaces cachés : derrière les doublages, sous les planchers, dans les maçonneries. Le diagnostiqueur procède à un examen méthodique du bâti, avec sondage des bois et mesure d’humidité, avant de conclure à la présence ou à l’absence de dégradation biologique.
À noter : Vous achetez une maison ancienne en zone humide ? Demandez un état parasitaire avant de signer. Son coût est sans commune mesure avec celui d’un traitement de la mérule, qui peut exiger la dépose complète des bois atteints.
Si la présence de mérule est confirmée dans votre logement, trois étapes s’imposent.
D’abord, déclarez le foyer en mairie : c’est une obligation légale, et cette déclaration alimente le recensement qui protège les futurs acquéreurs. Ensuite, traitez la cause avant le symptôme : la mérule ne survit pas sans humidité. Recherchez et supprimez la source (fuite, infiltration, remontées capillaires, défaut de ventilation), puis asséchez les locaux. Enfin, faites intervenir une entreprise spécialisée en traitement de la mérule : purge des bois contaminés, traitement fongicide des maçonneries et des bois conservés, remplacement des éléments détruits. L’ampleur des travaux dépend directement de la précocité de la détection.
Le coût d’un traitement varie fortement selon l’étendue de l’infestation, de quelques milliers d’euros pour un foyer localisé à des montants bien supérieurs lorsque la charpente ou les planchers sont atteints. Une raison de plus pour ne pas attendre.
La carte mérule 2026 confirme la progression du recensement : 21 départements sous arrêté préfectoral, avec des zones nouvellement classées chaque année. Avant de vendre ou d’acheter, vérifiez la situation de la commune sur la cartographie nationale du Cerema, et en zone humide ou en présence de bâti ancien, faites réaliser un état parasitaire par un professionnel certifié.
Les diagnostiqueurs du réseau Arliane, présents partout en France, réalisent votre état parasitaire ainsi que l’ensemble des diagnostics immobiliers obligatoires pour la vente et la location. Devis gratuit, rapport sous 48h : contactez l’agence la plus proche de chez vous.
La liste officielle des communes sous arrêté préfectoral mérule est consultable sur la cartographie nationale des termites et des mérules publiée par le Cerema, avec une recherche par adresse. Les arrêtés préfectoraux détaillant les communes sont également disponibles sur le site de chaque préfecture concernée.
Non. Il n’existe pas de diagnostic mérule obligatoire, même en zone délimitée. En revanche, dans les communes sous arrêté préfectoral, le vendeur doit informer l’acquéreur de l’existence d’un risque de mérule. L’état parasitaire, réalisé volontairement, reste le seul moyen de vérifier l’état réel du bien.
Paris ne fait l’objet d’aucun arrêté préfectoral mérule en 2026. Le champignon peut néanmoins se développer dans les caves humides et les immeubles anciens mal ventilés de la capitale. En cas de doute, un état parasitaire permet de lever l’incertitude.
La mérule est un champignon lignivore qui se nourrit de la cellulose du bois ; les termites sont des insectes xylophages. Les deux dégradent le bâti, mais leur régime juridique diffère : le diagnostic termites est obligatoire pour la vente en zone délimitée par arrêté, alors que le risque mérule ne donne lieu qu’à une information de l’acquéreur.